Conseil 5: Définir le point de vue du narrateur

Comment choisir ?

Vous avez plusieurs possibilités. Tout dépend de la distance que vous voulez mettre entre vous et ce qui se passe dans votre roman. Aucune solution n’est meilleure qu’une autre. Vous pouvez vous inspirer des autres romans que vous avez lus pour vous décider ou faire plusieurs essais. « Je » ou « il » , à vous de choisir.

Le narrateur peut être :

– un narrateur omniscient, extérieur à votre histoire. C’est la voix de l’auteur qui sait tout et voit tout. Un témoin invisible de l’action.

– un personnage-narrateur. Identifiez le personnage le plus important de votre histoire, celui que les lecteurs prendront plaisir à connaître dans les moindres détails et faites-le parler à la première personne.

– plusieurs personnages-narrateurs. Les chapitres se succéderont au rythme du point de vue de différents personnages. Je pense que le nombre ne doit pas être trop élevé, au risque de perdre les lecteurs en route et de partir dans trop de directions différentes.

Dans « Tout le monde sait que la neige est rouge », j’ai choisi le mélange du narrateur extérieur parlant du point de vue de Sophia adulte, mon héroïne + l’alternance de trois personnages-narrateurs parlant à la première personne (Sophia enfant dite « So-So », William et Angie). Les chapitres s’enchaînent toujours dans le même ordre. Je voulais que les lecteurs découvrent les événements, mais surtout les sentiments et émotions, de l’intérieur. Je trouvais ça plus vivant. Chaque personnage a sa propre façon de parler et son caractère.

J’ai pour ma part éprouvé beaucoup de plaisir à me glisser dans la peau de mes différents personnages. Devenir au fil des jours une adolescente mal dans sa peau, une flic au langage cru, un homme tombant amoureux ou encore une jeune femme au lourd passé rempli de secret est très excitant. J’éprouve les mêmes sensations en ce moment car j’ai choisi le même fonctionnement pour la suite de mon roman (avec deux nouveaux narrateurs!)

Quelques exemples de débuts :

En général, vous allez marquer votre préférence de point de vue avec votre incipit, c’est à dire la toute première phrase de votre roman.

Dans « À la recherche du temps perdu », Marcel Proust commence son premier tome par :

Longtemps, je me suis couché de bonne heure.

Albert Camus dans « L’étranger » débute par ces deux phrases mythiques :

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

Dans ces deux exemples, le lecteur s’attend à une confession, une auto-fiction, dont beaucoup d’éléments seront tirés de la vie de l’auteur, ou à une auto-biographie.

À l’inverse, choisir le pronom « il » ou « elle » met plus de distance entre l’auteur et ses personnages. Là encore, vous avez deux possibilités :

– vous concentrer sur un des personnages et faire part à vos lecteurs de tout ce qui lui passe par la tête, de tout ce qu’il voit et ressent. Le point de vue est subjectif. L’auteur ne livrera pas d’informations que le personnage ne connaît pas encore à ce stade de l’histoire. Les lecteurs avanceront dans la résolution du problème ou l’aventure au même rythme que le héros, à travers ses yeux.

Dans « Le hussard sur le toit », Jean Giono commence ainsi :

L’aube surprit Angélo béat et muet mais réveillé. La hauteur de la colline l’avait préservé du peu de rosée qui tombe dans ces pays en été.

– passer d’un personnage à l’autre et devenir une entité omnisciente qui voit tout à tout moment, comme Victor Hugo dans « Notre-Dame de Paris » qu’il débute ainsi :

Il y a aujourd’hui trois-cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s’éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à la grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l’Université et de la Ville.

Cette dernière méthode permet davantage de recul sur les événements et de détails sur la culture. L’auteur sait tout et instruit ses lecteurs même si ses personnages ignorent ces détails.

Le roman policier utilise peu cette façon de faire. On la retrouve plus dans les œuvres classiques.

Quel temps utiliser ?

Passé ou présent ? Tout est faisable. De nombreux récits s’écrivent avec l’alternance passé simple/imparfait, mais de plus en plus de textes au passé composé et au présent apparaissent.

L’impact n’est pas le même. Tout dépend du style recherché et de vos envies.

Pour ma part, dans mon premier roman, j’ai choisi une alternance. Les chapitres a la première personne sont au présent, comme dans les journaux intimes et les pensées. Les chapitres à la troisième personnes sont au passé simple/imparfait.

Alors quel point de vue va adopter le narrateur de votre histoire ?

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