Conseil 34: Comment réussir la chute d’une histoire ?

Conclure une histoire n’est pas une mince affaire.

La chute d’un livre doit susciter plusieurs émotions chez le lecteur. Tour à tour ou toutes à la fois : le surprendre, le dérouter, le chambouler, le laisser songeur, le rassurer, le piquer à vif, lui ouvrir les yeux, parfois le frustrer… mais une chute ne devrait jamais laisser un lecteur indifférent.

Quand j’ai beaucoup aimé un livre, après le point final, je le ferme en regardant à nouveau la couverture et le titre qui prennent alors parfois un sens nouveau. Je prends quelques secondes pour intégrer toutes les dernières informations parfois difficiles à digérer ou au contraire qui lèvent un voile dans mon cerveau. Puis je jette à nouveau un œil sur le résumé en connaissant l’histoire cette fois-ci.

Si le livre m’a beaucoup plu, je commence directement la suite pour peu qu’il y en ait une. Si la chute contient une révélation fracassante, je suis capable de recommencer directement à la première page en sachant ce que je sais. Quel délice de se retrouver un peu à la place de l’auteur qui détenait l’énigme tout le long !

Comme son nom l’indique, un « dénouement » permet de dénouer les nœuds que l’auteur a placé dans son histoire. Pour cela, il y a plusieurs façons de faire :

1) La chute surprise, « révélation » ou « retour en arrière » :

On doit tomber de haut. C’est un retournement de situation imprévu mais cohérent avec l’univers. Imaginez un événement inattendu qui va bouleverser le héros et le lecteur.

L’histoire nous livre dans l’épilogue une révélation déterminante sur un des personnages ou sur l’univers.

Que cache un des personnage (volontairement ou involontairement) ? Que cache le monde dans lequel les personnage évoluent ?

Attention de ne pas tomber dans les clichés : le héros est en fait un vampire car il craignait la lumière vive !

Le lecteur obtient d’un coup la clé pour décrypter tout ce qui s’est passé. Cette solution peut plaire ou déplaire au lecteur, mais les connexions peuvent enfin se faire dans son cerveau.

Exemple : le film Sixième sens à la fin duquel on apprend que le héros est en fait mort au début de l’histoire et que c’est pour cela qu’il peut communiquer avec le petit garçon qui voit les fantômes.

2) La chute « ouverte sur l’extérieur » :

La chute nous interroge sur un aspect du monde plus large qui dépasse le cadre de l’histoire. On s’interroge sur la vie, les origines, le futur, nos choix, la nature humaine.

3) La chute ironique :

Un chute qui fait grincer les dents. L’histoire se retourne contre le héros qui avait pourtant tout prévu.

Exemple : Dans la nouvelle La Nuisible, un pêcheur breton du XVIIIème siècle, acculé par la misère, décide de provoquer le naufrage d’un bateau pour pouvoir le piller. Au petit matin, il découvre qu’un des cadavres du navire n’est autre que son fils aîné parti en mer depuis longtemps.

4) La chute inéluctable :

Une force supérieure amène le héros vers la fin sans que ce dernier n’ait de prise sur son destin. Par exemple, l’histoire mythologique d’Oedipe.

5) La chute classique :

Souvent utilisée dans les romances ou les films comiques, ce dénouement sert essentiellement à expliquer au lecteur la place de chaque personnage à la fin de l’histoire et de lui faire envisager un futur possible pour chacun.

Il est possible de combiner plusieurs chutes différentes. Cette méthode amènera plus de profondeur à l’histoire.

Si vous hésitez entre plusieurs fins possibles, vous pouvez toujours demander à vos bêtas-lecteurs laquelle ils préfèrent.

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