Conseil 41: Comment utiliser la prolepse dans le prologue ?

En narratologie, la prolepse, c’est le fait de raconter en avance un événement du récit, qui va en fait se produire beaucoup plus tard dans la narration.

L’un des exemples de prolepse les plus célèbres à notre époque se trouve dans la série TV Murder.

Dans une ambiance un peu glauque, en pleine nuit, non loin d’une fête, dans un bois… on voit un groupe d’étudiants enterrer un cadavre. Leur professeur de droit arrive et les découvre…

La professeure s’exclame alors : « Mais qu’avez-vous fait ? »

Et soudain, hop, l’image change : on revient 3 mois en arrière… ou plutôt, on revient au moment où le récit commence vraiment.

C’est la rentrée et tous les étudiants qui seront bientôt des assassins sont dans un grand amphithéâtre.

La professeure de droit pénal arrive, hyper classe et sérieuse, incarnation de la Justice même.

Et là, elle dit : « Je vais vous apprendre à vous tirer de tout et n’importe quoi en toute impunité… enfin, à tirer vos clients de toutes les situations. »

Évidemment, le spectateur fait immédiatement le lien avec la scène précédente !

Trois questions se posent alors, créant trois niveaux différents de suspense:

  • Quel est l’étudiant qui a été tué, par qui et pourquoi ?
  • Comment le groupe d’étudiants en est-il arrivé à laisser la situation dégénérer au point d’enterrer un cadavre en pleine nuit, au lieu de se rendre à la police ? (ce sont de futurs avocats, ils sont censés représenter une certaine forme d’éthique, dont ça pose encore plus souci…)
  • La professeure va-t-elle bel et bien les aider à s’en tirer en toute impunité, alors qu’il y a parmi eux un assassin et que tous sont complices ?

Chacune de ces questions joue autour du thème de la justice, qui est le thème principal de la série avec celui de la morale douteuse et du caractère complexe du monde.

Attention : le principe de la prolepse peut donner un résultat très pauvre et très superficiel quand les questions amenées ne sont pas assez fortes ou prenantes pour le spectateur/lecteur.

Mais alors quand c’est bien fait… c’est HYPER puissant !

Parce qu’en tant que lecteur on se pose des questions qui nous obsèdent, alors on se met à chercher des réponses partout.

Et c’est cela qui fait qu’un début un peu plat ou linéaire devient un passionnant jeu de pistes et de cache-cache !

Pour déclencher ça, il vous faut simplement écrire un prologue qui soit une prolepse, choisir le bon événement de votre intrigue pour susciter l’intérêt (généralement, c’est votre point de bascule en milieu de récit), en dire juste assez pour faire venir des questions… et retenir toutes les réponses !

Et là, le jeu peut commencer… tension et suspense sont au rendez-vous !


La semaine prochaine, j’aborderai une technique qui vous permettra de transformer un début trop linéaire en machine à suspense !

Une idée de ce que ça peut bien être ?

C’est également emprunté au thriller, mais ça marche aussi très bien en sciences-fiction, fantasy et fantastique.

Réponse dans le conseil 42.


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