Conseil 42: Comment placer une « bombe » dans votre récit ?

Aujourd’hui, je vais évoquer une autre technique qui peut tout à fait être utilisée en synergie avec la prolepse (conseil 41) au sein d’un même récit et des mêmes premières pages.

Il s’agit également d’une technique empruntée au thriller, mais vous pouvez vraiment l’utiliser dans d’autres genres comme la Science-Fiction et la Fantasy: tout dépend du dosage et de l’effet que vous voulez produire !

Pourquoi utiliser une bombe à retardement ?

Cela peut sembler très proche du principe de la prolepse et ça l’est au niveau des effets produits sur le lecteur…

Toutefois, la mise en place et les enjeux sont complètement différents !

En narratologie, le principe de la bombe à retardement est assez simple à décrire : il y a une « bombe » dans l’intrigue, et la question est de savoir si les personnages vont réussir à la désamorcer avant la fin du temps inscrit sur le retardateur métaphorique de leurs existences…

Ça peut être une vraie bombe : dans un sous-sol, dans un hangar. Des personnages essaient de trouver et de désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose.

Ça peut au contraire être une bombe métaphorique, au sens d’un retournement de situation : le personnage X a un secret, que le personnage Y ne doit surtout pas découvrir, mais le personnage Z fait tout pour que ce soit le cas… X part à la recherche de Z avant qu’il ne parvienne à Y !

Vous voyez le principe ?

Cela produit à peu près les mêmes effets que la prolepse sur le lecteur qui va guetter les événements ou les indices qui mènent à cette révélation.

Sauf qu’à la différence de la prolepse, la bombe n’explose pas toujours !

Dans la prolepse, on présente un événement avéré du récit, quelque chose d’inéluctable, qui va forcément se produire tôt ou tard…

Dans la technique de la bombe à retardement, les personnages ont une chance d’échapper à ce destin funeste. Le lecteur se pose donc encore plus de questions et les retournements de situation sont d’autant plus prenants et plaisants que l’on s’approche de la fin du décompte !


En effet, avec la technique de la bombe à retardement, le suspense et la tension se créent sur plusieurs niveaux et se cristallisent autour de plusieurs questions :

  • Les personnages vont-ils réussir à gagner cette course contre la montre et éviter cette catastrophe ?
  • S’ils n’y parviennent pas, quel prix vont-ils payer ?
  • S’ils y parviennent, comment et dans quelles conditions vont-ils réussir ? Y aura-t-il un prix à payer ?

C’est un ensemble de « et si » qui ramifie l’intrigue et donne aux événements, même les plus anodins, un caractère décisif !


Quoi qu’il en soit, quand cette technique est utilisée, le récit tourne entièrement autour de cette course contre la montre, généralement haletante…

Sauf qu’il y a un défaut : ce n’est pas très subtil… et ça peut devenir lassant.

C’est donc à utiliser sur des formats courts, de préférence, ou uniquement sur quelques dizaines de pages dans votre roman.

Car sinon, vous allez tomber dans une autre forme de linéarité, et le suspense provoqué au début va retomber comme un soufflé.

Comment la placer ?
Pour placer votre « bombe », vous pouvez utiliser la technique de la prolepse dans le prologue, ou bien simplement placer vos indices petit à petit sur les 10 premières pages du roman, par exemple, en bâtissant la bombe et la tension petit à petit… avant de lancer le décompte à la page 11, quand le lecteur prend conscience des enjeux !

Quand on veut augmenter la tension d’un récit, on a l’impression qu’il faut forcément rajouter des péripéties, ou accélérer l’intrigue, voire supprimer des scènes…
Mais parfois, un simple changement de perspective suffit !




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