Mis en avant

Comment tout a commencé…

Avez-vous déjà dévoré un livre en rêvant de l’avoir écrit ? 

Vous êtes-vous déjà réveillé avec un début d’intrigue en tête ?

Vous êtes-vous déjà dit qu’un personnage ferait un très bon héros de roman ? 

Si vous avez répondu oui à au moins une question, nous avons un point en commun.

Nous avons eu envie d’écrire un roman. 

Depuis mon enfance, j’aime les mots. La lecture fait partie de mon univers. Je n’imagine pas ma maison sans bibliothèque. J’ai régulièrement écrit des poèmes, j’ai fait des études de Lettres et j’ai cartonné à l’épreuve littéraire du concours d’instit. Mais, écrire un livre ! C’était caché bien profondément dans un coin de ma tête. 

Trouver un personnage qui tienne la route, d’accord. 

Trouver un sujet intéressant, possible.

Mais sortir de mon imagination plus de 150 pages d’intrigues, de rebondissements, de descriptions et de dialogues ? Non, c’est impossible ! Et puis quand trouverais-je le temps de faire tout ça, moi maman de trois enfants et instit à temps plein ?

Voilà ce que je me disais il y a moins d’un an. 

C’était sans compter le jour fabuleux où mon mari et moi nous sommes sérieusement posés devant une feuille blanche pour réfléchir à ce qu’on voulait vraiment faire du reste de notre vie. Dans le livre de Jack Canfield « Le succès selon Jack », il y a l’exercice de la vision. Il faut écrire, sans aucune limite d’ordre matériel ou logistique, la vie idéale qu’on rêve d’avoir dans les domaines suivants: revenus annuels, carrière, loisirs, santé, famille, amis, … Cet exercice permet de faire remonter à la surface des envies que nous avions mises de côté à cause de tout un tas de raisons. 

A l’intérieur de ma liste, que je lus à mon mari ce jour-là, il y avait la phrase grâce à laquelle tout a commencé: « Je veux écrire un livre. »

Et pourquoi pas ?

Quelques jours plus tard, je créais mon premier personnage: Sophia.  

Quatre mois plus tard, je mettais le point final à la première version de « Tout le monde sait que la neige est rouge. » 

Prêts à tenter l’expérience à votre tour ?

Conseil 46: Comment structurer parfaitement ses scènes ? (partie 3)

Pour structurer correctement et efficacement une scène :

– Ayez en tête ce qui s’est passé avant la scène. Il faut également savoir ce qui va se produire ensuite dans les grandes lignes. La scène doit servir à faire avancer l’intrigue vers le climax. Elle doit donc être parfaitement intégrée à l’histoire pour rendre la scène suivante inévitable. Imaginez un jeu de dominos qui s’écroulent les uns après les autres. Si un domino manque, le parcours s’arrête. Si deux dominos sont trop rapprochés et se gênent, la succession de chute en sera perturbée.

– Il est important d’entrer le plus tard possible dans la scène et d’en sortir le plus tôt possible. Je m’explique. Commencez le récit à un moment très proche du point culminant de la scène. Inutile de dire ce qu’a fait le personnage en se levant, ce qu’il a mangé au petit déjeuner et qu’il a reçu un appel de sa mère avant d’avoir son accident de voiture (point clé de la scène) si tous ces éléments ne sont pas utiles à l’intrigue. Par contre, si le coup de fil de sa mère a mis votre héros dans un état second qui a pu causer l’accident, alors, cette précision aura toute sa place dans la scène. De même, une fois que le point culminant est passé et que la pression retombe, inutile de s’attarder sur plusieurs pages sur le reste de la journée du personnage. Passez à la scène suivante.

– Utilisez la structure d’un schéma narratif complet : début avec un élément perturbateur ou in medias res (ACTION) /milieu avec rebondissements (RÉACTION)/climax (moins marquant que le climax final)/fin : réussite, échec, tragédie, etc. (CONCLUSION).

– Il faut que chaque scène ait d’un rythme. Il peut y avoir des moments intenses en émotion/tension, des moments calmes, un retour de la tension, etc.

Petits exercices :

– Demandez-vous ce qui vient avant la scène que vous devez rédiger et ce qui, dans la scène, va provoquer la scène suivante.

– Complétez le tableau des grandes étapes de la scène pour avoir une structure à l’esprit avant de la rédiger (cadre pour la créativité).

– Visualisez le rythme de la scène en dessinant une courbe. Elles ne doivent pas toutes se ressembler pour ne pas enfermer le lecteur dans un schéma qui ne le surprendra plus.

La semaine prochaine, nous verrons comment valider et améliorer une scène.

Conseil 45: Comment structurer parfaitement ses scènes ? (partie 2)

Les 4 ingrédients indispensables d’une scène sont :

Les personnages : Doivent être présents ceux qui sont utiles à la scène. Éliminez ceux qui ne servent à rien et alourdissent le récit. Ils risquent de perdre le lecteur. Il faut s’intéresser à deux éléments : l’état émotionnel de chacun lors de la scène et leur objectif (dans l’histoire mais aussi dans la scène).

Le lieu : Attention, une scène se déroule dans un lieu unique ou fait état d’un déplacement sans saut dans le temps (unité de lieu). Le lieu n’est pas simplement un accessoire. Il est approprié à l’action (aide ou obstacle pour le héros). Il renforce les émotions transmises au lecteur (jouer sur les 5 sens).

Les actions : Elles se déroulent dans une courte période, presque en « temps réel ». Il est nécessaire qu’il y ait un enjeu clair, du conflit, de la tension.

L’émotion : Il faut mettre en avant l’émotion principale que l’on veut transmettre au lecteur (angoisse, sensualité, trouble, bonheur, etc.). Cette émotion peut être renforcée par le lieu, le déroulement de l’action, les réactions des personnages, les surprises, etc.

Petits exercices:

– Faites le casting des personnages nécessaires par rapport à l’objectif de la scène. N’hésitez pas à réduire le nombre des présents (ou actifs) pour plus d’intensité. Listez l’objectif et l’état émotionnel de chacun.

– Pourquoi le lieu est-il le meilleur choix possible ? Quelles sont les caractéristiques (5 sens) de ce lieu à montrer au lecteur ?

– Posez-vous la question de l’enjeu de la scène pour l’intrigue/enjeu de la scène en elle-même. Faites la liste des éléments indispensables avant de rédiger.

– Lors de la rédaction d’une scène, pensez au point de vue utilisé pour véhiculer l’émotion principale : focalisation interne, externe, zéro et mise en jeu des différences de personnalités.

Conseil 44: Comment structurer parfaitement ses scènes ? (partie 1)

Partie 1: Les 3 rôles d’une scène

  • Rôle 1 : chaque scène doit avoir un but précis. Deux possibilités : elle fait
    avancer l’histoire ou elle véhicule une information essentielle (à propos d’un personnage, d’un lieu, d’une action). Cela permet au lecteur de se questionner sur ce qui va se produire (curiosité).
  • Rôle 2 : Une scène sert à caractériser un personnage (donner des détails sur sa façon d’être, de vivre, de penser, etc.). Cela permet de faire du lien avec le lecteur (empathie).
  • Rôle 3 : Une scène illustre le thème de l’histoire (contexte géopolitique,
    psychologique, etc.) à travers les actions des personnages. Cela permet de
    plaire au lecteur en donnant de la profondeur à l’histoire (découverte).

Petits exercices :

  1. Reprenez une scène d’un roman en cours de lecture. Dégagez-en les 3 grands rôles en notant les éléments importants de chacune.

2. Vérifiez la présence des 3 rôles dans une scène que vous avez déjà écrite. Complétez si nécessaire.

3. Planifiez la rédaction d’une prochaine scène en vous appuyant sur les 3 rôles.

4. Cumulez les fonctions de la scène : être inventif pour glisser des informations sur le contexte, le passé, les personnages, etc. Faire avancer à la fois l’intrigue principale et les intrigues secondaires.

La semaine prochaine, nous verrons les 4 ingrédients indispensables d’une scène réussie.

Conseil 43: Comment réussir sa séance de dédicaces ?

Au moment où j’écris cet article, nous sommes en mai 2021. Pour l’instant, le contexte sanitaire n’a pas été très favorable pour que les auteurs rencontrent leurs lecteurs. J’espère vraiment pouvoir participer à des salons du livres bientôt et m’installer devant l’enseigne d’un centre culturel dans une galerie marchande. Mais pour l’instant, j’ai tout de même eu la chance de faire des séances de vente/dédicaces sur le marché de mon village et en septembre auront lieu les Caudalies, week-end des Arts local où je tiendrai un stand. Je suis ravie d’avoir été contactée par le président de cette association pour y présenter mes romans.

Voici donc 11 conseils empruntés à des auteurs reconnus et à ma propre expérience pour toucher son public.

1) le lieu 

L’emplacement est capital. Si vous avez le choix, installez-vous à un endroit où il y a du passage. Entrée du marché, devant une librairie, etc. Même si vous dites à votre famille et vos amis de passer vous voir, il faut surtout compter sur le flux naturel des lieux.

2) la demande 

Privilégiez le contact physique au mail. Le libraire ou le responsable du centre culturel préférera rencontrer directement l’auteur à qui il va donner un emplacement. Mettez en avant votre livre, son originalité et le fait qu’il peut attirer des clients. Établissez une relation de confiance et d’égalité. Ne jouez pas à la star qui fait une fleur au libraire. C’est même plutôt l’inverse. Pensez à offrir un exemplaire de votre livre au responsable.

3) la présentation

Présentez-vous comme un auteur régional, un auteur de la ville. Vous établirez une plus forte connivence avec les éventuels acheteurs car la proximité attise la connivence et la curiosité.

4) le stock

Si votre livre est référencé sur un réseau littéraire (notamment DILICOM, sorte de catalogue pour les libraires), la librairie qui vous accueille peut en commander elle-même quelques exemplaires, puis vous reverser les redevances des ventes. Il touchera entre 30 et 35 % du prix du livre HT comme tous les libraires. Sinon, amenez vous-même votre stock (entre 20 et 30 exemplaires en moyenne pour une dédicace classique). Vous conviendrez ensemble de la commission à reverser au libraire. Cela est plus facile si vous pouvez émettre une facture d’auto-entreprise. Cette méthode est avantageuse si vous pouvez vous procurer vos livres à un tarif auteur, permettant une marge plus nette que par la voie classique.

5) la communication

Une séance de dédicaces se prépare :

– avec des annonces répétées sur vos réseaux sociaux et auprès de votre liste de lecteurs.

– prévenez votre famille et amis pour qu’ils viennent sur votre stand, au moins au début.

6) la visibilité

Prévoyez une affiche sur le lieu de la dédicace avec des couleurs vives qui attirent l’œil. Je viens de découvrir les Kakémono, sorte de bannières en vinyle ou tissu, sur lequel on peut imprimer la couverture du livre, son nom, ses coordonnées. Je vais en commander un pour le week-end des Arts et d’éventuelles dédicaces en librairies. Pour l’instant, sur le marché de mon village, je dépose sur ma table un cadre dans lequel figure un des articles du Midi Libre qui m’a été consacré. Les gens s’arrêtent, posent des questions ou me disent qu’ils l’ont vu dans le journal. La rencontre ne se solde pas toujours sur une vente, mais la discussion qui s’engage autour de mon travail est aussi importante.

7) le matériel

Sur un salon ou dans une librairie, une table et une chaise seront mises à votre disposition. Mais sur le marché, à vous d’amener votre matériel. Prévoyez une nappe, plusieurs stylos (lors d’un marché de Noël, un des miens à eu aussi froid que moi et j’ai dû finir à l’encre rose avec un stylo qui traînait au fond de mon sac), une bouteille d’eau.

Si vous vendez directement vos livres, prévoyez suffisamment de monnaie pour parer à toute éventualité.

8) la relation

Prenez les devants. Ne restez pas assis sur votre chaise pendant toute la séance. Allez vers les gens et communiquez. La dédicace est un échange, pas un simple point de vente.

Parlez de votre livre, en vantant ses mérites. Apprenez par cœur le pitch de votre livre et mettez-le en avant rapidement. Les acheteurs n’auront que peu de temps à vous accorder.

9) l’endurance 

Préparez-vous à un moment fatigant. Faites le plein d’énergie. Une dédicace active est une épreuve sportive. Se lever, s’asseoir, aller vers les autres, sourire, discuter… Entre 2 et 4 heures physique ! Mais préparez-vous aussi à un bel échange.

10) la récompense 

Prévoyez de petits cadeaux pour vos éventuels futurs lecteurs : marque-page dans le livre, bonbons sur la table. Donnez-leur au moins, surtout à ceux qui n’achètent rien, un flyer avec vos coordonnées (blog, mail) et les références du livre pour qu’ils puissent vous retrouver plus tard ou compléter votre série.

11) le contact maintenu 

Prévoyez une feuille ou un carnet pour noter les adresses mail. Proposez aux personnes rencontrées de faire partie de votre mailing liste. Certains en seront ravis et cela n’engage à rien. Vous pourrez les informer de votre prochaine sortie de livre ou de votre future séance de dédicaces.

Pensez à remercier l’hôte des lieux en lui offrant un exemplaire de votre livre, voire une boîte de chocolats. Vous devez laisser une excellent impression pour une éventuelle nouvelle collaboration.

Conseil 42: Comment placer une « bombe » dans votre récit ?

Aujourd’hui, je vais évoquer une autre technique qui peut tout à fait être utilisée en synergie avec la prolepse (conseil 41) au sein d’un même récit et des mêmes premières pages.

Il s’agit également d’une technique empruntée au thriller, mais vous pouvez vraiment l’utiliser dans d’autres genres comme la Science-Fiction et la Fantasy: tout dépend du dosage et de l’effet que vous voulez produire !

Pourquoi utiliser une bombe à retardement ?

Cela peut sembler très proche du principe de la prolepse et ça l’est au niveau des effets produits sur le lecteur…

Toutefois, la mise en place et les enjeux sont complètement différents !

En narratologie, le principe de la bombe à retardement est assez simple à décrire : il y a une « bombe » dans l’intrigue, et la question est de savoir si les personnages vont réussir à la désamorcer avant la fin du temps inscrit sur le retardateur métaphorique de leurs existences…

Ça peut être une vraie bombe : dans un sous-sol, dans un hangar. Des personnages essaient de trouver et de désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose.

Ça peut au contraire être une bombe métaphorique, au sens d’un retournement de situation : le personnage X a un secret, que le personnage Y ne doit surtout pas découvrir, mais le personnage Z fait tout pour que ce soit le cas… X part à la recherche de Z avant qu’il ne parvienne à Y !

Vous voyez le principe ?

Cela produit à peu près les mêmes effets que la prolepse sur le lecteur qui va guetter les événements ou les indices qui mènent à cette révélation.

Sauf qu’à la différence de la prolepse, la bombe n’explose pas toujours !

Dans la prolepse, on présente un événement avéré du récit, quelque chose d’inéluctable, qui va forcément se produire tôt ou tard…

Dans la technique de la bombe à retardement, les personnages ont une chance d’échapper à ce destin funeste. Le lecteur se pose donc encore plus de questions et les retournements de situation sont d’autant plus prenants et plaisants que l’on s’approche de la fin du décompte !


En effet, avec la technique de la bombe à retardement, le suspense et la tension se créent sur plusieurs niveaux et se cristallisent autour de plusieurs questions :

  • Les personnages vont-ils réussir à gagner cette course contre la montre et éviter cette catastrophe ?
  • S’ils n’y parviennent pas, quel prix vont-ils payer ?
  • S’ils y parviennent, comment et dans quelles conditions vont-ils réussir ? Y aura-t-il un prix à payer ?

C’est un ensemble de « et si » qui ramifie l’intrigue et donne aux événements, même les plus anodins, un caractère décisif !


Quoi qu’il en soit, quand cette technique est utilisée, le récit tourne entièrement autour de cette course contre la montre, généralement haletante…

Sauf qu’il y a un défaut : ce n’est pas très subtil… et ça peut devenir lassant.

C’est donc à utiliser sur des formats courts, de préférence, ou uniquement sur quelques dizaines de pages dans votre roman.

Car sinon, vous allez tomber dans une autre forme de linéarité, et le suspense provoqué au début va retomber comme un soufflé.

Comment la placer ?
Pour placer votre « bombe », vous pouvez utiliser la technique de la prolepse dans le prologue, ou bien simplement placer vos indices petit à petit sur les 10 premières pages du roman, par exemple, en bâtissant la bombe et la tension petit à petit… avant de lancer le décompte à la page 11, quand le lecteur prend conscience des enjeux !

Quand on veut augmenter la tension d’un récit, on a l’impression qu’il faut forcément rajouter des péripéties, ou accélérer l’intrigue, voire supprimer des scènes…
Mais parfois, un simple changement de perspective suffit !




Conseil 41: Comment utiliser la prolepse dans le prologue ?

En narratologie, la prolepse, c’est le fait de raconter en avance un événement du récit, qui va en fait se produire beaucoup plus tard dans la narration.

L’un des exemples de prolepse les plus célèbres à notre époque se trouve dans la série TV Murder.

Dans une ambiance un peu glauque, en pleine nuit, non loin d’une fête, dans un bois… on voit un groupe d’étudiants enterrer un cadavre. Leur professeur de droit arrive et les découvre…

La professeure s’exclame alors : « Mais qu’avez-vous fait ? »

Et soudain, hop, l’image change : on revient 3 mois en arrière… ou plutôt, on revient au moment où le récit commence vraiment.

C’est la rentrée et tous les étudiants qui seront bientôt des assassins sont dans un grand amphithéâtre.

La professeure de droit pénal arrive, hyper classe et sérieuse, incarnation de la Justice même.

Et là, elle dit : « Je vais vous apprendre à vous tirer de tout et n’importe quoi en toute impunité… enfin, à tirer vos clients de toutes les situations. »

Évidemment, le spectateur fait immédiatement le lien avec la scène précédente !

Trois questions se posent alors, créant trois niveaux différents de suspense:

  • Quel est l’étudiant qui a été tué, par qui et pourquoi ?
  • Comment le groupe d’étudiants en est-il arrivé à laisser la situation dégénérer au point d’enterrer un cadavre en pleine nuit, au lieu de se rendre à la police ? (ce sont de futurs avocats, ils sont censés représenter une certaine forme d’éthique, dont ça pose encore plus souci…)
  • La professeure va-t-elle bel et bien les aider à s’en tirer en toute impunité, alors qu’il y a parmi eux un assassin et que tous sont complices ?

Chacune de ces questions joue autour du thème de la justice, qui est le thème principal de la série avec celui de la morale douteuse et du caractère complexe du monde.

Attention : le principe de la prolepse peut donner un résultat très pauvre et très superficiel quand les questions amenées ne sont pas assez fortes ou prenantes pour le spectateur/lecteur.

Mais alors quand c’est bien fait… c’est HYPER puissant !

Parce qu’en tant que lecteur on se pose des questions qui nous obsèdent, alors on se met à chercher des réponses partout.

Et c’est cela qui fait qu’un début un peu plat ou linéaire devient un passionnant jeu de pistes et de cache-cache !

Pour déclencher ça, il vous faut simplement écrire un prologue qui soit une prolepse, choisir le bon événement de votre intrigue pour susciter l’intérêt (généralement, c’est votre point de bascule en milieu de récit), en dire juste assez pour faire venir des questions… et retenir toutes les réponses !

Et là, le jeu peut commencer… tension et suspense sont au rendez-vous !


La semaine prochaine, j’aborderai une technique qui vous permettra de transformer un début trop linéaire en machine à suspense !

Une idée de ce que ça peut bien être ?

C’est également emprunté au thriller, mais ça marche aussi très bien en sciences-fiction, fantasy et fantastique.

Réponse dans le conseil 42.


Conseil 40: Comment créer le suspense indispensable à votre roman (partie 6)

Un autre point important pour décupler le suspense est d’apprendre à bien gérer la violence.

– Plus il y a de violence, moins elle a de signification. Pour construire la tension dramatique, il faut donner au lecteur l’appréhension de ce qui va se produire : une menace est souvent plus efficace que la description d’une scène de violence. Laissez l’imagination du lecteur faire le reste.

Valoriser la vie humaine permettra au lecteur de s’attacher aux personnages et de trembler avec eux. Donnez de la profondeur à vos personnages.

– Selon le genre littéraire, l’auteur emploie des choix narratifs différents : il faut être conscient que l’effet ne sera pas le même si les scènes se passent en amont de l’histoire, pendant l’histoire ou si elles risquent de se produire.

– Créer des fausses alertes permet de conserver la tension dramatique. Mais attention à ne pas les multiplier.

Petits exercices :

① Réfléchir à la menace principale à laquelle doit faire face le héros mais aussi à celles auxquelles sont soumis les personnages secondaires.

② Vérifier que le nombre et la teneur des scènes violentes correspondent au genre littéraire choisi et ajoutent de la valeur à l’intrigue.

③ Introduire des éléments pour que le lecteur s’attachent davantage aux personnages (faiblesse, peur, habitude de vie, passé, famille, etc.) en puisant dans son propre vécu, dans les choses qui procurent de l’émotion.

Vous avez désormais 6 étapes pour intensifier le suspense de votre roman :

❶ la progression dans la montée de la tension

❷ la structure de chaque scène

❸ les points de vue

❹ la temporalité

❺ la mise en danger des personnages

❻ la gestion de la violence

La semaine prochaine, je vous expliquerai ce qu’est une prolepse et comment attraper l’attention du lecteur dès les premières lignes.

Conseil 39: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 5)

La mise en danger de vos personnages est une des clés pour augmenter le suspense de votre histoire.

– Les personnages peuvent être mis en danger par rapport à leur personnalité : danger psychologique (peur, phobie, mauvais souvenir, etc.) ou physique (difficulté à se déplacer, problème cardiaque, etc.)

– Le danger peut aussi survenir de l’extérieur : tempêtes, accidents, etc.

– La mise en danger peut également être celle de la résolution de la quête principale : fausse information, retard, erreurs de coupable, etc.

– Plus le fossé sera grand entre le personnage et son ennemi (qu’il soit matériel ou immatériel), plus la tension sera importante, la mise en danger réelle.

Petits exercices :

① Créer dans la fiche-personnage des éléments qui provoqueront la faiblesse du personnage (phobie des araignées, du noir, de l’eau, …. entorse, mauvaise vue, … pas de permis de conduire, problème avec l’alcool, …)

② Pour chaque scène, faire un tableau avec le type de danger, la réponse proposée par le personnage, le résultat et la conséquence par rapport à l’intrigue principale.

③ Réfléchir à la manière d’isoler le héros (perte de ses outils, de ses compagnons, de son soutien, etc.) pour qu’il arrive moins fort en face de ses ennemis.

La semaine prochaine, nous aborderons le dernier volet de cette série consacrée au suspense avec la gestion de la violence.

Conseil 38: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 4)

La temporalité est un atout pour le suspense.

– On peut ralentir le temps en s’étendant sur une description ou en changeant de point de vue avant d’enfin révéler un indice ou faire une révélation importante. Faire « mariner » son lecteur, mais pas trop longtemps non plus pour ne pas le perdre.

Il faut récompenser le lecteur pour son attente par un petit cadeau dans l’avancement de l’intrigue (un code secret, une résolution d’énigme, la découverte d’une empreinte ou d’un bout de carte au trésor, etc…)

– Attention à moduler le suspense pour que la tension du lecteur se relâche par moment. Un temps où il va pouvoir souffler (description, romance, réflexions du héros, etc.) avant de repartir sur un rythme effréné.

– Il faut qu’il y ait des questions soulevées qui provoquent la curiosité du lecteur. Ne lui donnez pas la réponse immédiatement.

Petits exercices :

① Réécrire une scène en ralentissant le temps : utiliser pour cela des phrases plus longues, plus complexes, un dialogue interne, un gros plan, une atmosphère trop calme et obscure.

② Réécrire une scène en introduisant une pause dans le suspense : une blague, un coup de téléphone, un moment où le danger s’éloigne un instant. Puis relancer avec un nouveau danger.

③ Réécrire une scène en ajoutant un temps limité (compte à rebours, échéance, …) tout en veillant à la mise en danger réelle des personnages et à provoquer la curiosité des lecteurs.

La semaine prochaine, nous verrons comment mettre en danger vos personnages pour augmenter le suspense.

Conseil 37: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 3)

Pour renforcer et maintenir le suspense, il faut jouer sur les points de vue.

– Terminez un chapitre en suscitant une question chez le lecteur (cliffhanger) et commencez-en un nouveau avec un autre point de vue. Le lecteur est donc obligé d’attendre avant d’obtenir une réponse.

– Les différents types de focalisation induisent différents types de suspense :

① la focalisation interne : le lecteur ne connaît que les pensées du personnage.

② la focalisation externe : le lecteur connaît les pensées de tous les personnages.

③ la focalisation zéro : le lecteur a un regard objectif.

④ Il peut aussi y avoir des points de vue mystérieux : le lecteur ne connaît pas l’identité de la personne par les yeux de laquelle on observe la scène.

Petits exercices:

– Faire une liste de 2 ou 3 éléments importants

❶ qui vont être dévoilés au lecteur petit à petit

❷ que le lecteur connaît mais qu’ignore le personnage principal

❸ que les personnages se cachent les uns aux autres.

– Écrire 2 ou 3 fois une courte scène du roman en variant le type de focalisation utilisée ou le point de vue utilisé. Garder celle qui entretient le plus le suspense.

La semaine prochaine, nous verrons comment varier la temporalité des scènes pour augmenter le suspense.