Conseil 39: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 5)

La mise en danger de vos personnages est une des clés pour augmenter le suspense de votre histoire.

– Les personnages peuvent être mis en danger par rapport à leur personnalité : danger psychologique (peur, phobie, mauvais souvenir, etc.) ou physique (difficulté à se déplacer, problème cardiaque, etc.)

– Le danger peut aussi survenir de l’extérieur : tempêtes, accidents, etc.

– La mise en danger peut également être celle de la résolution de la quête principale : fausse information, retard, erreurs de coupable, etc.

– Plus le fossé sera grand entre le personnage et son ennemi (qu’il soit matériel ou immatériel), plus la tension sera importante, la mise en danger réelle.

Petits exercices :

① Créer dans la fiche-personnage des éléments qui provoqueront la faiblesse du personnage (phobie des araignées, du noir, de l’eau, …. entorse, mauvaise vue, … pas de permis de conduire, problème avec l’alcool, …)

② Pour chaque scène, faire un tableau avec le type de danger, la réponse proposée par le personnage, le résultat et la conséquence par rapport à l’intrigue principale.

③ Réfléchir à la manière d’isoler le héros (perte de ses outils, de ses compagnons, de son soutien, etc.) pour qu’il arrive moins fort en face de ses ennemis.

La semaine prochaine, nous aborderons le dernier volet de cette série consacrée au suspense avec la gestion de la violence.

Conseil 38: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 4)

La temporalité est un atout pour le suspense.

– On peut ralentir le temps en s’étendant sur une description ou en changeant de point de vue avant d’enfin révéler un indice ou faire une révélation importante. Faire « mariner » son lecteur, mais pas trop longtemps non plus pour ne pas le perdre.

Il faut récompenser le lecteur pour son attente par un petit cadeau dans l’avancement de l’intrigue (un code secret, une résolution d’énigme, la découverte d’une empreinte ou d’un bout de carte au trésor, etc…)

– Attention à moduler le suspense pour que la tension du lecteur se relâche par moment. Un temps où il va pouvoir souffler (description, romance, réflexions du héros, etc.) avant de repartir sur un rythme effréné.

– Il faut qu’il y ait des questions soulevées qui provoquent la curiosité du lecteur. Ne lui donnez pas la réponse immédiatement.

Petits exercices :

① Réécrire une scène en ralentissant le temps : utiliser pour cela des phrases plus longues, plus complexes, un dialogue interne, un gros plan, une atmosphère trop calme et obscure.

② Réécrire une scène en introduisant une pause dans le suspense : une blague, un coup de téléphone, un moment où le danger s’éloigne un instant. Puis relancer avec un nouveau danger.

③ Réécrire une scène en ajoutant un temps limité (compte à rebours, échéance, …) tout en veillant à la mise en danger réelle des personnages et à provoquer la curiosité des lecteurs.

La semaine prochaine, nous verrons comment mettre en danger vos personnages pour augmenter le suspense.

Conseil 37: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 3)

Pour renforcer et maintenir le suspense, il faut jouer sur les points de vue.

– Terminez un chapitre en suscitant une question chez le lecteur (cliffhanger) et commencez-en un nouveau avec un autre point de vue. Le lecteur est donc obligé d’attendre avant d’obtenir une réponse.

– Les différents types de focalisation induisent différents types de suspense :

① la focalisation interne : le lecteur ne connaît que les pensées du personnage.

② la focalisation externe : le lecteur connaît les pensées de tous les personnages.

③ la focalisation zéro : le lecteur a un regard objectif.

④ Il peut aussi y avoir des points de vue mystérieux : le lecteur ne connaît pas l’identité de la personne par les yeux de laquelle on observe la scène.

Petits exercices:

– Faire une liste de 2 ou 3 éléments importants

❶ qui vont être dévoilés au lecteur petit à petit

❷ que le lecteur connaît mais qu’ignore le personnage principal

❸ que les personnages se cachent les uns aux autres.

– Écrire 2 ou 3 fois une courte scène du roman en variant le type de focalisation utilisée ou le point de vue utilisé. Garder celle qui entretient le plus le suspense.

La semaine prochaine, nous verrons comment varier la temporalité des scènes pour augmenter le suspense.

Conseil 36: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 2)

Vous devez structurer les scènes de façon à produire le suspense.

Chaque scène du roman doit contenir l’ensemble de l’arc narratif : une question dramatique majeure pour ouvrir la scène, la montée de la tension, un moment fort (climax), un dénouement.

Le dénouement doit apporter une récompense au lecteur (indice pour faire progresser l’intrigue, révélation à propos des secrets d’un personnage, etc.), et répondre à la question dramatique de façon inattendue ou défavorable afin de projeter le héros un peu plus loin dans le conflit.

Le ou les héros ne doivent jamais rester trop longtemps dans une situation confortable.

Plus d’action, ne veut pas dire plus de suspense. Il peut y avoir des passages plus lents mais ils doivent servir à susciter la curiosité du lecteur.

Petits exercices :

– Faire un schéma de la scène en notant au départ la question soulevée puis la progression jusqu’au pic du climax.

– Choisir la façon de terminer la scène : réussite du héros, échec du héros, fin tragique (le héros réussit mais perd quelque chose d’important), etc. Varier les façons de terminer.

– Pour créer des rebondissements, il faut piquer la curiosité du lecteur (soulever une question puis le faire attendre). Pendant ce temps d’attente, soulever une autre question dont la réponse attendra, etc.

La semaine prochaine, nous verrons comment jouer sur les points de vue pour augmenter le suspense.

Conseil 35: Comment créer le suspense indispensable à votre roman ? (partie 1)

Pour cet article, je me suis inspirée de la formation « Devenir écrivain » de Rebecca Monnery.

6 techniques pour créer le suspense indispensable à votre roman.

Aujourd’hui, nous parlerons de la première.

– Toute l’intrigue du roman doit être orientée par le défi auquel est soumis le personnage principal. Il doit y avoir un véritable enjeu pour lui. Quels sont les buts et les conséquences de ses actions ?

– Pour un véritable suspense, il faut que l’auteur sache où il va, qu’il ait une longueur d’avance par rapport au lecteur. Réfléchir en amont ne veut pas dire que tout est figé : il est possible de faire du hors piste tant que la destination finale est respectée. Faire attention à ne pas forcément utiliser la première idée que nous avons car ce sera probablement aussi celle du lecteur. Il y aura donc moins de suspense.

– De l’élément déclencheur au climax, il faut qu’il y ait une progression dans l’intensité de la tension. Un peu comme des marches d’escaliers qui vont crescendo.

Petits exercices :

– Répondre aux deux questions : quel est l’objectif du personnage principal dans votre histoire ? Va-t-il parvenir à son but ?

– Noter les principaux nœuds dramatiques de chaque marche d’escalier. Vérifier qu’il y a une progression dans l’intensité de la tension.

– Pour que l’intrigue ne faiblisse pas au milieu, travailler en découpant le roman en plusieurs parties (4 par exemple). A la fin de chaque partie, insérer un événement important pour maintenir l’élan narratif.

La semaine prochaine, nous continuerons à parler de suspense en comprenant comment structurer chaque scène.

Conseil 34: Comment réussir la chute d’une histoire ?

Conclure une histoire n’est pas une mince affaire.

La chute d’un livre doit susciter plusieurs émotions chez le lecteur. Tour à tour ou toutes à la fois : le surprendre, le dérouter, le chambouler, le laisser songeur, le rassurer, le piquer à vif, lui ouvrir les yeux, parfois le frustrer… mais une chute ne devrait jamais laisser un lecteur indifférent.

Quand j’ai beaucoup aimé un livre, après le point final, je le ferme en regardant à nouveau la couverture et le titre qui prennent alors parfois un sens nouveau. Je prends quelques secondes pour intégrer toutes les dernières informations parfois difficiles à digérer ou au contraire qui lèvent un voile dans mon cerveau. Puis je jette à nouveau un œil sur le résumé en connaissant l’histoire cette fois-ci.

Si le livre m’a beaucoup plu, je commence directement la suite pour peu qu’il y en ait une. Si la chute contient une révélation fracassante, je suis capable de recommencer directement à la première page en sachant ce que je sais. Quel délice de se retrouver un peu à la place de l’auteur qui détenait l’énigme tout le long !

Comme son nom l’indique, un « dénouement » permet de dénouer les nœuds que l’auteur a placé dans son histoire. Pour cela, il y a plusieurs façons de faire :

1) La chute surprise, « révélation » ou « retour en arrière » :

On doit tomber de haut. C’est un retournement de situation imprévu mais cohérent avec l’univers. Imaginez un événement inattendu qui va bouleverser le héros et le lecteur.

L’histoire nous livre dans l’épilogue une révélation déterminante sur un des personnages ou sur l’univers.

Que cache un des personnage (volontairement ou involontairement) ? Que cache le monde dans lequel les personnage évoluent ?

Attention de ne pas tomber dans les clichés : le héros est en fait un vampire car il craignait la lumière vive !

Le lecteur obtient d’un coup la clé pour décrypter tout ce qui s’est passé. Cette solution peut plaire ou déplaire au lecteur, mais les connexions peuvent enfin se faire dans son cerveau.

Exemple : le film Sixième sens à la fin duquel on apprend que le héros est en fait mort au début de l’histoire et que c’est pour cela qu’il peut communiquer avec le petit garçon qui voit les fantômes.

2) La chute « ouverte sur l’extérieur » :

La chute nous interroge sur un aspect du monde plus large qui dépasse le cadre de l’histoire. On s’interroge sur la vie, les origines, le futur, nos choix, la nature humaine.

3) La chute ironique :

Un chute qui fait grincer les dents. L’histoire se retourne contre le héros qui avait pourtant tout prévu.

Exemple : Dans la nouvelle La Nuisible, un pêcheur breton du XVIIIème siècle, acculé par la misère, décide de provoquer le naufrage d’un bateau pour pouvoir le piller. Au petit matin, il découvre qu’un des cadavres du navire n’est autre que son fils aîné parti en mer depuis longtemps.

4) La chute inéluctable :

Une force supérieure amène le héros vers la fin sans que ce dernier n’ait de prise sur son destin. Par exemple, l’histoire mythologique d’Oedipe.

5) La chute classique :

Souvent utilisée dans les romances ou les films comiques, ce dénouement sert essentiellement à expliquer au lecteur la place de chaque personnage à la fin de l’histoire et de lui faire envisager un futur possible pour chacun.

Il est possible de combiner plusieurs chutes différentes. Cette méthode amènera plus de profondeur à l’histoire.

Si vous hésitez entre plusieurs fins possibles, vous pouvez toujours demander à vos bêtas-lecteurs laquelle ils préfèrent.

Conseil 33: Comment écrire une nouvelle ?

La nouvelle est un genre littéraire à part entière, qui possède ses codes, ses contraintes. Ce serait une erreur de penser que ce n’est qu’un roman en plus court.

Bien sûr le nombre de mots compte.

Pour s’y retrouver :

– le micro-récit fait moins de 150 mots

la nouvelle comporte entre 150 et 17 500 mots

– le roman court / novella entre 17 500 et 40 000 mots

– le roman a plus de 40 000 mots

Ce qui peut varier selon les éditeurs, donc ne vous censurez pas pour quelques centaines de mots supplémentaires ou manquants.

  1. Comme il faut aller droit au but, mieux vaut avoir une bonne préparation en amont et une ligne directrice.

Pour cela :

– partez d’un thème précis (un mot, une phrase ou une question), mais un thème qui vous permettra de donner votre point de vue d’auteur et de toucher rapidement le lecteur (ex: le racisme, comment faire triompher l’Amour face à une famille récalcitrante ?…)

– partez d’un genre (fantasy, science-fiction, romance, policier, etc.) et n’hésitez pas à analyser les codes de ces genres pour vous les approprier et pourquoi pas les détourner.

– utilisez la méthode du « Et si… ? » qui vous ouvrira les portes de l’imagination.

Et si le simple fait de toucher un arbre pouvait me montrer tout ce qu’il a vécu au fil des siècles ? Et si dans l’armoire de mon médecin en train de m’ausculter se cachait le cadavre de sa secrétaire ? Et si je pouvais entendre les pensées des gens que je croise ?

En quelques minutes, j’ai pleins d’idées de nouvelles qui fusent.

2. Ensuite, une fois votre thème choisi, écrivez le pitch de votre histoire en quelques lignes. Vous pouvez vous servir de cette progression :

a) Un personnage

b) dans un univers

c) désire quelque chose

d) mais est confronté à un problème

e) qu’il va réussir ou échouer à résoudre

f) avec quelles conséquences ?

3. Puis, écrivez le plan de votre nouvelle pour ne pas vous perdre en route. Même si l’envie vous brûle de commencer votre récit, faites une pause pour écrire le plan.

Au début, mieux vaut vous reposer sur le plan classique :

– situation initiale

– élément déclencheur

– péripéties

– dénouement

Avec plus d’expérience, vous pourrez bousculer le récit (commencer par la fin ou le milieu, utiliser des flashbacks, des flashforwards, des ellipses temporelles, etc.)

4. Soyez concis. Vous ne pourrez jamais autant développer votre intrigue que dans un roman. Donc mieux vaut se focaliser sur un seul événement. Si une scène ne remplit aucun rôle dans le schéma narratif, supprimez-la.

Dans un roman, vous pouvez développer votre personnage sur trois aspects :

– externe (un obstacle extérieur)

– interne (un défaut psychologique)

– relationnel (relations avec les autres)

Dans une nouvelle, vous aurez des difficultés à développer ces trois pôles, il faudra faire des choix.

5. Dans une nouvelle, il y a peu de personnages. Mais il faudra tout de même leur consacrer une fiche-personnage à chacun. Elle pourra être plus succincte que dans un roman car certains éléments de leur vie ne seront que suggérés voire absents. Le plus important sera de lister : quelques caractéristiques de leur physique, leurs traumatismes passés, leur façon de parler ou de se comporter, leurs défauts/leurs qualités, leurs désirs, leur point de vue selon leur métier… tout ce qui aura une incidence dans le récit.

6. Même si une nouvelle est courte, ne bâclez pas l’univers dans lequel se déroule votre intrigue. Si vous donnez envie au lecteur de s’y plonger, que votre monde soit réel ou imaginaire, il aura sûrement envie de lire d’autres histoires écrites par vous, d’aller plus loin.

Vous voilà prêts à rédiger votre nouvelle en veillant tout particulièrement à en soigner l’incipit et la chute.

Il existe de nombreux concours d’écriture et d’appels à textes. Lancez-vous !

Conseil 32: Comment enrichir votre vocabulaire ?

Quel vocabulaire employez-vous dans vos romans ? 
Imaginez que vous soyez capable de décrire parfaitement les images qui se bousculent dans votre esprit.  De convaincre votre lecteur dès les premières phrases.
Et de trouver autant de synonymes que nécessaire pour éviter ces répétitions qui enlaidissent les textes.
Avez-vous déjà constaté que, parfois, vos mots paraissaient bancals, incapables de traduire vos pensées ?
Vous vous arrêtez peut-être au cours de vos sessions d’écriture pour fouiller dans votre mémoire ou dans Google, à la recherche de la bonne façon de vous exprimer.
Ce n’est pas que votre compréhension soit limitée, c’est plutôt qu’il vous manque certains termes précis et plus de rapidité pour employer avec naturel les mots que vous connaissez déjà.
Certains écrivains débutants se retrouvent devant une page blanche, déprimés et persuadés qu’ils ne sont pas faits pour écrire, simplement parce qu’ils ont du mal à trouver les bons mots pour raconter leur histoire.
Pour essayer de vous en sortir, vous avez :
– remis au lendemain la rédaction de cette scène clé qui vous tenait tellement à cœur (d’ailleurs, elle attend toujours au fond du tiroir).
– de lire le dictionnaire et d’apprendre des mots par cœur. 

Si vous avez l’impression que vocabulaire rime avec contrainte et déprime, lisez la suite ! 
Vous découvrirez que vous pouvez apprendre du vocabulaire de façon ludique, prendre confiance en vous et réussir votre roman.
Il serait tellement dommage de laisser de côté votre rêve d’écrire, alors qu’il existe des solutions simples pour, en moins d’1h par jour, booster votre vocabulaire et améliorer votre pratique de l’écriture. 
Vous faire plaisir et apprendre à convaincre votre lecteur.
Le vrai problème, ce n’est pas de trouver des mots nouveaux pour enrichir votre répertoire courant. 
Le vrai problème, c’est de savoir comment les aborder pour les retenir et les utiliser ensuite. 
De faire tout cela sans contrainte et avec plaisir.
Vous avez besoin de découvrir comment vous y prendre pour retrouver le goût d’apprendre et développer votre capacité à raconter les histoires qui encombrent votre esprit.
  4 clés pour travailler votre vocabulaire
Clé 1 : Intéressez-vous au monde qui vous entoure. 
C’est particulièrement important quand on veut écrire des histoires. Prenez le temps de vous renseigner en détails sur les domaines qui vous plaisent mais également de découvrir d’autres choses.
Que ce soit le fonctionnement du développement-photo, la géographie de la Chine, les différentes espèces de poissons ou les différentes échelles d’un typhon, cela vous permettra de rencontrer des termes nouveaux.
À force de les côtoyer, vous parviendrez à en retenir certains et à en comprendre beaucoup d’autres.

Clé 2 : Dès que vous croisez un mot dont le sens vous échappe, faites l’effort d’aller chercher sa signification.
Dites-vous bien qu’un mot appris, c’est, en réalité, plusieurs mots compris. En effet, à l’aide de la racine du mot, vous allez comprendre le nom, le verbe, l’adjectif, etc. qui en découlent.
Cela vaut donc vraiment le coup !

Clé 3 : Le cerveau humain est fait pour retenir un grand nombre d’informations. 
Faites travailler votre mémoire et elle se développera. 
Vous pouvez :
– vous aider de moyens mnémotechniques ou d’images pour retenir le vocabulaire dont vous avez besoin.
– utiliser des post-it sur lesquels vous inscrivez les mots à retenir. Collez-les un peu partout autour de vous.

Clé 4 : Pensez à varier les registres de langues que vous lisez ou auxquels vous prêtez attention.
Cela vous aidera non seulement à travailler votre vocabulaire mais également à développer les personnages de vos romans. Vous pourrez les faire s’exprimer différemment dans les dialogues.

Et lisez, lisez et lisez encore ! Votre vocabulaire sera de plus en plus riche.  

Conseil 31: Comment réussir le premier chapitre ?

  Le premier chapitre d’un roman est un moment clé. C’est la rencontre entre le livre et le lecteur. Il doit donc être particulièrement travaillé pour donner envie de continuer la lecture.

Pour réussir ce premier chapitre :
1)Présentez le contexte du roman. Le début d’un roman est l’occasion pour le lecteur de comprendre dans quelle histoire il va se trouver plongé. Vous devez :
choisir judicieusement le moment auquel commence l’histoire : le mieux est de placer ce début le plus près possible de l’élément déclencheur. Vous pouvez aussi utiliser un événement important qui s’est produit en amont (flashback) ou même un événement qui se produira à la fin de l’histoire (flashforward).
choisir le lieu : préférez un endroit stratégique ou significatif pour votre intrigue. N’hésitez pas à distiller quelques informations qui permettront au lecteur de savoir dans quel monde et à quelle époque il met les pieds.
choisir une action clé : vous devez très rapidement évoquer le nœud de l’histoire, à savoir le problème auquel va être soumis votre héros. C’est indispensable pour s’assurer de l’attention du lecteur. De même, parlez des enjeux de ce problème (ce qui risque d’arriver si le héros échoue).
présenter le ou les personnages principaux : un roman n’est rien sans ses personnages. Le premier chapitre est le moment pour le lecteur d’entrer en contact avec votre héros, voire même de créer un lien fort avec lui. Évitez au maximum les premiers chapitres explicatifs avec des personnages de second plan. Veillez au dynamisme du texte. Pour accrocher le lecteur, un premier chapitre se doit d’être dynamique et persuasif. Pour cela : ne vous embarquez pas dans des descriptions ou des présentations interminables. 

2)Choisissez les informations les plus importantes, celles qui permettront au lecteur de comprendre ce qui se passe. Pour les détails secondaires, vous pouvez attendre quelques pages.
soyez clair et précis dans ce que vous écrivez : faites des phrases courtes et veillez à utiliser un vocabulaire riche.
variez les types de textes que vous utilisez. Par exemple, si vous commencez par une courte description, vous pouvez très bien enchaîner avec un dialogue pour aérer le texte et accélérer le rythme, puis continuer par un temps fort (course-poursuite ou révélation) avant de faire descendre la tension en revenant à un récit narratif plus calme.
créez du suspens, que ce soit un véritable suspens (réelle mise en danger du personnage) ou une fausse alerte. Peu importe, l’essentiel est que le cœur du lecteur palpite.

Respectez les différentes étapes de rédaction:
écrivez votre premier chapitre sans stresser, sans limites et sans penser « technique ». La clé de la réussite est d’avoir un brouillon le plus libre possible. De ne pas chercher à être parfait du premier coup.
– prenez le temps de tester plusieurs versions de votre incipit. Soumettez ces versions à des lecteurs afin de récolter des avis. Vous pourrez faire ensuite un choix éclairé.
retravaillez plusieurs fois la version finale notamment lorsque vous aurez terminé votre roman. En effet, vous aurez alors une vision globale de l’œuvre qui vous permettra d’ajouter ou d’enlever des détails, d’affûter vos phrases de manière à convaincre le lecteur.
– terminez la correction de ce chapitre par une lecture à voix haute qui permettra d’appréhender le rythme du texte.

 
  Astuce pour valider votre incipit:
  Écrivez plusieurs débuts et faites-les lire à quelques bêta-lecteurs. Même si ça peut susciter un petit stress, c’est le meilleur moyen de connaître la qualité de ce que vous avez écrit. Pour que ça marche, il vous faut :
1/ des lecteurs bienveillants qui ne vont pas critiquer pour le plaisir.
2/ guider leurs retours pour qu’ils soient constructifs. Ne les laissez pas vous dire simplement « Je préfère celui-ci » ou « Je n’aime pas celui-là ».
Creusez leur réponse pour savoir exactement ce qui leur plaît ou non dans vos différentes versions avec des questions comme :
– que comprends-tu du personnage principal ?
– quelle est l’émotion principale qui se dégage de la scène ?
– y a-t-il quelque chose que tu ne comprends pas ?
– qu’est-ce qui te donne envie de lire la suite ?
– que penses-tu du rythme de la scène ?
– donne-moi une caractéristique du lieu qui te marque.
– quel est l’incipit que tu préfères et pourquoi ? etc.
En regroupant les conseils et les avis, vous pourrez faire le bon choix pour votre incipit. Et à la fin vous aurez une scène capable d’emporter les lecteurs dans votre histoire.

   

Spéciale émission TV

Une fois n’est pas coutume, dans cet article je ne donnerai pas de conseils mais le récit d’une aventure incroyable.

Fin 2020, j’ai eu la chance d’être contactée par l’animatrice de l’émission Love Sisters TV diffusée sur la chaîne Youtube.

Cette émission reçoit dans son studio de Vendargues des artistes locaux : chanteurs, danseurs, peintres, écrivains, etc. Le but est de donner une chance aux talents récents de se faire une place un peu plus importante dans le milieu. Cette émission sert aussi à présenter des associations et des causes humanitaires.

Me voilà donc invitée en décembre, par Myriam Watteau, alias Muriel Lellouche, pour enregistrer une émission diffusée aujourd’hui !

Après avoir passé une nuit un peu agitée, je me pomponne et mon mari me conduit aux studios à 15 minutes de chez nous.

En haut d’un escalier en colimaçon perdu dans une zone industrielle, je rentre dans une petite salle d’attente, masque sur le nez, patientant jusqu’à l’arrivée de l’équipe. La femme de ménage est en train de passer l’aspirateur sur la moquette rouge que j’aperçois par la petite porte entrouverte.

L’ingénieur son arrive et se présente. Puis le cameraman, l’assistante et enfin l’animatrice toute de cuir vêtue.

Au bout de dix minutes supplémentaires, mon cœur battant la chamade, on m’invite à entrer dans le studio. Je laisse dans la salle d’attente les deux artistes peintres, mère et fils, qui passeront après moi.

Je m’installe sur le fauteuil rouge en forme de main, mettant mes deux romans sur la table basse. Dois-je croiser les jambes ? Comment dois-je tenir mon micro ? Je peux retirer mon masque, distanciation respectée. Après deux ou trois conseils de l’équipe qui me met vite à l’aise, on commence à tourner.

Myriam Watteau me demande de me présenter et de parler de mes livres. Et oui ! Je suis là pour ça ! Je m’exécute tant bien que mal. C’est tout un art de parler face à une caméra. D’ailleurs l’héroïne de mes livres n’est pas très à l’aise sur cet exercice dans le tome 1. Mais heureusement pour moi, tout se finit bien. Une seule prise et c’est dans la boîte !

Ouf ! Je respire. J’ai même pu parler du tome 3 qui sortira au printemps.

L’assistante m’offre un T-Shirt de l’émission et moi je leur laisse mon bouquin dédicacé. Ça se fait ?

Bye-Bye ! C’est déjà au tour des suivants.

Je rejoins mon mari très fier de moi bien qu’il n’ait encore rien vu. C’est déjà un grand pas.

N’hésitez pas à visionner l’émission du 15/02/21 à partir de 18h00 sur Love Sisters TV et à me faire des retours sur ce que vous en avez pensé.